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Géométrie mystique, par Lotfi Hadjiat

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Going to the Ball (San Martino)

 

 

Je vois de plus en plus souvent des insensés armés de bâtons qui frappent leur ombre sous la lumière déclinante, en criant : « Dégage, Satan ! ». Je m’empresse alors de leur dire que s’ils se mettaient sous la lumière à son zénith, il n’y aurait plus d’ombre. Satan n’est que l’ombre de l’homme sous la lumière déclinante.

« Seule la lumière peut vaincre Satan », me dit un homme qui se tenait à l’écart. Je répond que tant qu’elle produit une ombre, la lumière ne peut donc vaincre l’ombre. Car on ne peut vaincre ce que l’on produit soi-même. Mais au midi de la lumière, Satan est vaincu puisqu’il n’y a plus d’ombre ! Ainsi, pour que l’ombre disparaisse, l’homme doit parfaitement s’aligner avec le midi de la lumière. Cette alignement s’appelle droiture. Et le midi de cette lumière s’appelle l’amour divin. Le point de confluence de l’ombre et de la lumière est appelé homme.

L’amour divin est donc une lumière sans ombre puisqu’il ne décline pas, et dès lors qu’il n’a pas d’ombre il ne s’oppose donc pas à l’ombre et ne combat donc pas l’ombre. Dieu ne combat pas les ténèbres tout comme le Christ ne combattit pas ses ennemis et se laissa crucifier, et comme Abel se laissa tuer par Caïn, au verset vingt-sept de la sourate de La table servie. Lorsque la lumière commence à décliner, elle s’éloigne de l’amour, et l’ombre croît. La dualité naît du déclin de la lumière. Dès lors, pris dans la dualité nous prenons celle-ci pour la réalité, et on en vient à définir la lumière dans son opposition à l’ombre, à l’obscurité. Et plus on combattra l’ombre, plus on s’enfoncera dans la dualité, nous éloignant ainsi de l’amour divin et nous faisant alors sombrer dans les ténèbres. Qui frappe l’ombre périra par l’ombre. On en vient donc à oublier la pré-dualité de l’amour divin et on commet l’erreur de définir Dieu comme une lumière dans son opposition aux ténèbres. Ou pire, à définir l’amour divin dans son opposition à la haine, qui est une passion. Faisant ainsi de l’amour divin une passion, ce qu’il n’est pas. Voyez bien que l’amour humain décline souvent vers la haine car il est passion. Mais l’amour divin n’y décline pas car il est acte, amour en acte, acte souverain. L’amour-passion trouble, perturbe, égare et détruit. L’amour-acte éclaire, guide, apaise, inonde de joie cristalline et emporte vers l’ivresse primordiale du pur esprit d’amour.

« Arrête ! Dieu n’a qu’une intention, châtier durement ceux qui appellent à l’ivresse », me lança l’un d’eux d’un ton menaçant. Je leur répond que Dieu est unique mais cependant Il n’a pas une intention unique, car Il n’a aucune intention, puisqu’Il est pleinement en acte, d’amour. Car il ne faut avoir aucune intention pour être pleinement en acte. L’homme a toutes les intentions mais il est rarement en acte, voire jamais, il ne fait que réagir à la multitude des intentions autour de lui.

Il y a toujours la guerre en l’homme, jusqu’à son alignement avec la souveraineté divine. Et cette guerre peut prendre plusieurs tournures. La guerre intérieure qui vise la souveraine paix intérieure, tel est le chemin de sagesse. La guerre intérieure qui ne cherche que la paix extérieure, tel est le début de l’égarement. Enfin, la guerre intérieure qui n’aboutit qu’à la guerre extérieure, telle est la situation actuelle de l’humanité, qui semble arriver au bout de son égarement où ne restent que les instincts les plus brutaux… entraînant la guerre la plus brutale, la guerre raciale… Les races ne sont que traces de l’esprit, ombres… Ceux qui ne s’attachent qu’à la race sont comme des enfants qui s’attacheraient exclusivement à la photo de leur mère tout en délaissant, en oubliant celle-ci pourtant bien vivante ! Cette guerre des photos, guerre des ombres, des nombres, des sombres, sonnerait le glas de l’humanité. Certains voient pourtant dans cette guerre un salut. Le salut racial. Mais le salut racial n’est pas salut car la dualité persisterait. La dualité de la connaissance et de la vie. La dualité de la lumière combattante et de l’amour non-combattant. Abolir la dualité est notre seul salut.

Lorsqu’on définit la lumière dans son opposition à l’ombre, il faut bien comprendre qu’il s’agit ici de lumière déclinante, car seule la lumière déclinante produit de l’ombre. La lumière qui voudrait combattre l’ombre ne peut être qu’une lumière déclinante. En vérité, cette lumière déclinante (Lucifer) ne peut combattre ce qu’elle produit elle-même, les ténèbres (Satan). En conclusion, ni la lumière, ni l’amour divin n’attaquent l’ombre, seuls les insensés frappent l’ombre ; en revanche l’ombre peut être réduite en approchant l’amour divin, réduite jusqu’à sa disparition. Telle est la religion primordiale : réduire l’ombre en soi (l’ombre de la peur, l’ombre du désespoir, l’ombre de la mort…). S’acharner à vouloir combattre les ténèbres détermine la vaine recherche de vérité et de justice, réduire l’ombre en soi détermine l’accomplissement de la vérité et de la justice. Reste à savoir évidemment pourquoi la lumière décline. Pourquoi ne demeure-t-elle au midi de l’amour divin ? Il y a ici une nuance. Entre l’inclinaison et le déclin. L’amour divin s’incline vers le plus faible, il ne décline pas… vers l’orgueil. C’est cette inclinaison dispensatrice qui créa les univers, les éclaira… la lumière fut… puis déclina… Je m’étais arrêté de parler et les insensés m’observèrent un instant. « C’est toi, l’insensé ! », me lança l’un d’eux ; les autres rirent copieusement puis se remirent à frapper leur ombre.

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2 Commentaires

  1. Inconnu

    10 août 2019 à 2 h 19 min

    Bonsoir.

    Un texte magnifique.

    https://youtu.be/FeEk9ud6j9s

    Répondre

  2. Inconnu

    4 septembre 2019 à 23 h 44 min

    Je me permets de diffuser ce texte en commentaire que vous aviez écrit .
    Un texte magnifique dans lequel vous décrivez la force de l’illusion et combien les souffrances ne sont qu’une illusion. Une illusion que nous alimentons et à qui donnons vie.
     » L’être n’a besoin de faire aucun effort pour être, tandis que l’illusion a besoin de produire des efforts considérables pour se faire passer pour l’être . »

    Merci beaucoup.

    L’erreur de Spinoza, par Lotfi Hadjiat

    « Du seuil de sa prison charnelle, l’âme écoute venir le soir », disait Charles Guérin en 1896. Au moment où tout s’effondre dans un crépuscule chaotique indescriptible, l’économie, l’oligarchie, les grands médias, les grandes monnaies…, j’aimerais vous livrer ces quelques réflexions philosophiques. Ce système qui s’effondre repose exclusivement sur la chair et ses désirs, nous allons donc nous y attarder.

    Il n’y a de vie que charnelle, voilà le principe exclusif sur lequel repose entièrement le système qui nous asservit, nous enferre, nous emprisonne. Et ce principe, nous l’approuvons tous majoritairement, notre emprisonnement est donc volontaire. La chair est une prison où l’homme est devenu fou, tellement fou qu’il ne veut pas en sortir, pire il s’attache à cette prison. Mais sa folie va plus loin encore quand il nomme cet attachement : « liberté » ! Sa folie abyssale lui a fait oublier qu’il est emprisonné. Cependant, la condition de l’homme est bien plus terrible car cet emprisonnement qu’est la vie charnelle n’est qu’un simulacre, qu’une illusion ! Mais une illusion qui nous fait réellement souffrir. En toute logique, la réalité de nos souffrances n’induit pas nécessairement la réalité de la cause de cette souffrance, cette cause pourrait très bien être illusoire, un mirage par exemple, ou une croyance naïve ; induire ladite nécessité malgré tout est une terrible erreur qui accroît nos souffrances. La cause de nos souffrances n’est pas dans l’être mais dans ce que l’on croit de l’être… seul Dieu connaît l’être, puisqu’Il est l’être ; toute souffrance s’éteint donc en Lui. Soyons clairs, toute souffrance est issue d’illusions, de simulacres, et toute illusion, tout simulacre entraînent des souffrances. La question est évidemment de savoir comment discerner l’être de son simulacre.

    Soyons simples, si la vie charnelle, la vie périssable, la vie mortelle est illusion, alors la vie éternelle est l’être. Il n’y a donc de vie qu’éternelle, la vie charnelle étant une illusion de vie, un simulacre de la vie éternelle, vie non-charnelle, immatérielle. Savoir qu’il y a en nous de la vie éternelle, c’est ce savoir que nous avons oublié, ou plutôt que l’on nous a fait oublier, en nous persuadant que nous sommes définitivement périssables. La grande arnaque scientifique consiste à demander des preuves matérielles d’une vie immatérielle !!! C’est comme si on demandait des preuves visibles du son, qui est invisible puisqu’audible. Au fond, la grande arnaque scientifique nous persuade que si vie immatérielle il y a, elle ne peut être déterminée et conditionnée que par une vie matérielle (le numérique, le virtuel, par exemple, ont un support, une condition matérielle), sans nous démontrer pour autant cette induction !… L’arnaque scientifique pose arbitrairement que le matériel précède l’immatériel éventuel, mais la seule réalité de l’extraordinaire complexité de la première molécule d’ADN, apparue subitement, prouve l’antériorité de l’immatériel, de l’intelligence sur la matière, l’intelligence divine. Anaxagore avait déjà compris cela il y a plus de 2500 ans, avec son fameux noùs. Ainsi donc, la vie immatérielle précède et détermine la vie matérielle, comme l’être précède et détermine sa manifestation, ses simulacres et les illusions qui en découlent. Mais ceci ne nous dit toujours pas comment discerner l’être de l’illusion d’être.

    L’être n’a besoin de faire aucun effort pour être, tandis que l’illusion a besoin de produire des efforts considérables pour se faire passer pour l’être (les médias déploient des efforts considérables pour faire passer des élections pour démocratiques, ou de la propagande pour de l’information, ou du spectacle pour la réalité). Spinoza se trompait donc lorsqu’il affirmait que chaque étant fait l’effort de persévérer dans son être, car on fait plutôt l’effort de simuler l’être, de persévérer dans un simulacre d’être, l’ego par exemple, ou bien on fait l’effort de sortir du simulacre pour revenir à l’être. Tant qu’il y a effort, il y a donc encore simulacre, illusion… L’être se manifeste sans effort, tout comme Dieu crée sans effort. L’être est donc le plus grand dissident, que le système cherche à exclure à toutes forces, en nous persuadant que l’être n’est pas éternel !… que l’être est relatif !… que l’être est périssable !…

    Lotfi Hadjiat

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