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Origine et fondements criminels de l’Etat de droit, par Lotfi Hadjiat

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La vie de l’homme au départ n’avait pas de sens, si ce n’est celui de conserver sa vie, d’échapper à la mort… Il vivait comme les autres animaux… lutter pour vivre, pour survivre dans l’inégalité naturelle, défendre son territoire, se reproduire, nourrir sa progéniture, croître, faire croître et mourir… Il était le plus cruel des animaux en raison de son esprit et de son imagination. Son orgueil le poussait à toutes les cruautés et toutes les brutalités envers ses semblables… Sa sauvagerie n’avait pas de sens, ou elle en avait beaucoup trop, un chaos de sens ! Son esprit enlisé dans la sauvagerie le déshonorait et entraînait toutes les violences, toutes les souffrances. L’abjection des ténèbres paléolithiques se perpétua ainsi parmi les hommes durant des millénaires. Puis vint le temps où des esprits se penchèrent sur le sort de ces hommes enlisés dans l’abjection, tentant de les redresser en se mêlant à eux, des esprits nommés Béni Elohim par la Bible. Ces esprits se revêtirent notamment d’une apparence humaine, les Nephilims bibliques, des géants, considérés comme des dieux par ces hommes enlisés dans la sauvagerie. Dès lors, la vie des hommes prît un sens : faire des offrandes et des sacrifices à ces « dieux » afin d’obtenir leur protection.

Mais ces esprit n’étaient pas des dieux. Et fatalement, l’orgueil emporta et ces hommes et ces esprits – finalement déchus – et le chaos se déchaîna. Se faire passer pour des dieux, des représentants des dieux, des messagers des dieux ou des messagers des représentants des dieux… en réclamant toujours des sacrifices, y compris humains, fut le mensonge autour duquel se constitua le premier sens de la vie des hommes. Un sens sacrificiel, sacré mais fondé sur un mensonge ; le mensonge fut sacralisé, et constitua le premier langage. Le premier sens de l’existence humaine s’articula et s’institua autour du pouvoir convoité par le mensonge remplaçant le pouvoir animal exempt de mensonge. Par ce pouvoir nouveau, on convoita le pouvoir au-delà de la famille, au-delà de la tribu, de la communauté… le pouvoir universel… tout comme si le lion voulait régenter la vie des tigres, des guépards, des léopards, des éléphants, des oiseaux, des poissons, des protozoaires… Les animaux vivent en vérité, sans le savoir, sans que leur vie ait un sens, ou un sens qui leur échappe complètement, et qu’ils sont incapables d’exprimer de quelques façons. Les hommes aussi vivaient en vérité, en sauvage vérité, sans le savoir, sans qu’ils trouvent un sens à leur vie, sans même qu’ils le cherchent, jusqu’à ce que leur vie prenne un sens dans le mensonge institué.

Ainsi donc, le mensonge institué et son cortège de violence et de crimes constitua le sens de l’existence humaine, qui se résumait à parvenir à sortir du chaos institué. Les tentatives d’y résister en exprimant la vérité face au mensonge institué furent vaines, car ce mensonge instituant le langage déterminait déjà structurellement les résistances et tentatives de vérité ultérieures. Un long temps passa ainsi et ce chaos institué leur sembla de toute éternité, précédant tout. Cette tyrannie du mensonge écrasa de toutes ses souffrances les hommes jusqu’à la fin du Paléolithique, leur impuissance, leur désespoir leur parurent interminables, sans issue… comme la tyrannie Covid… Et vint un homme, Adam, un homme providentiel dont le langage était fondé en vérité, un sur-homme, ou plutôt un être humain, le premier être humain ; l’apparition de la vie sur Terre étant un miracle, Adam fut un miracle dans le miracle. Pour la première fois sur la planète Terre, un homme prêcha l’amour du prochain, la divine unité primordiale et la douceur des mœurs. Mais Adam – probable grand prêtre de l’Atlantide, le fameux Paradis perdu – ne prêcha pas seulement amour, unité et douceur des mœurs, il apprit aux hommes à cultiver la terre, à soigner, à construire, à prier, à rendre grâce, mettant fin aux sacrifices humains (comme le relate les mythes pré-colombiens rapportés par Thor Heyerdahl). Adam apporta tout particulièrement l’écriture aux hommes comme l’indique le mythe sumérien d’Adapa/Adama/Adam… écriture fondée en vérité, qui déclencha fatalement le déchaînement des forces démoniaques pour, envers et contre tous, inscrire le mensonge dans l’écriture naissante. L’écriture et la langue devinrent le lieu de bataille où s’opposèrent les énoncés de vérité adamique et les tentatives d’inscriptions du mensonge. Et Adam succomba aux promesses du mensonge démoniaque, puis se repentit et fut pardonné par son Créateur. Rescapé de l’île engloutie, il posa pied sur la terre continentale et enseigna sa sagesse aux hommes (comme le raconte le mythe hindouiste de Manu, le premier être humain… ).

Après l’Atlantide, les forces du mensonge l’emportèrent à Sumer, avant de triompher totalement à Babylone, inscrivant le mensonge paradigmatique suivant : le chaos est primordial et l’unité et l’être ne peuvent que procéder du chaos, toute vie n’étant ainsi déterminée que par des rapports de forces, que par l’acquisition de puissance… la volonté de puissance comme disait Nietzsche… l’accroissement de puissance par tous les moyens, ruse, manipulation, mensonge… Mais des hommes vinrent, des énonciateurs de vérité… Enoch, Noé, Abraham… Zarathustra, Parménide, Jésus… des énoncés de vérité furent révélés dans le désert d’Arabie… Tous ces énonciateurs affirmèrent l’unité divine vivante primordiale et l’amour déterminant toute vie par-delà les rapports de forces immédiats. Mais malheureusement leur message fut dévoyé, dénaturé, détourné, falsifié… Et le paradigme sumérien revint et s’imposa à travers la science. La science exclusive, excluant toute contestation du paradigme sumérien, toute affirmation d’une unité métaphysique précédant le chaos physique et son infinie multiplicité de formes…, toute affirmation d’un esprit un infini précédant l’homme et ses contradictions infinies… l’homme plein de cette certitude que son esprit seul est la mesure de toute vérité et donc de toute unité… son esprit de négation et de contradictions infinies…

Mais revenons à Sumer, à Eridu plus précisément, la première ville, bâtie par le fils d’Adam, Caïn (Genèse biblique 17, 4), après avoir fuit vers l’est, après avoir assassiné son frère cadet Abel, en sacrifice à Satan… Caïn fut le premier bâtisseur du mensonge, de la première cité-Etat, initiateur du premier Etat, de la première « société civile » comme disait Rousseau… du « plus froid des monstres froids » comme disait Nietzsche… Caïn fut l’initiateur de l’aliénation politique constituée par l’Etat ainsi créé, l’initiateur de la manipulation politique, initié à la manipulation par Satan… initié à la transgression… l’ancêtre des francs-maçons. Voyons ce qu’en disait l’historien juif Flavius Joseph, dans les premiers chapitres de son ouvrage Antiquités judaïques : « Caïn était en tout d’une grande perversité et n’avait d’yeux que pour le lucre ; il est le premier qui ait imaginé de labourer la terre. Caïn (après avoir été maudit par Dieu) traverse beaucoup de pays et s’arrête avec sa femme dans un endroit appelé Naïs, où il fixe sa résidence et où des enfants lui naquirent. Loin de considérer son châtiment comme un avertissement, il n’en devint que plus pervers : il s’adonna à toutes les voluptés corporelles, dût-il maltraiter, pour les satisfaire, ceux qui étaient avec lui ; il augmente sa fortune de quantités de richesses amassées par la rapine et la violence ; il invita au plaisir et au pillage tous ceux qu’il rencontrait et devint leur instructeur en pratiques scélérates. Il détruisit l’insouciance, où vivaient précédemment les hommes, par l’invention des mesures et des poids ; la vie franche et généreuse que l’on menait dans l’ignorance de ces choses, il en fait une vie de fourberie. Le premier, il délimita des propriétés (Caïn fut donc « le vrai fondateur de la société civile », pour confirmer le très intuitif Rousseau !) ; il bâtit une ville, la fortifia par des murs et contraignit ses compagnons à s’associer en communauté. (…). Encore du vivant d’Adam, les descendants de Caïn en arrivèrent aux plus grands crimes : par les traditions et l’exemple, leurs vices allaient toujours en empirant ; ils faisaient la guerre sans modération et s’empressaient au pillage. Et ceux qui n’osaient pas verser le sang montraient, du moins, tous les emportements de l’insolence, de l’audace et de la cupidité ». Oui vous avez bien lu, l’Etat est né dans le crime, la bestialité et le mensonge. Agressant et pillant les communautés alentour, Caïn, le premier roi en Sumer, édifia la première ville fortifiée pour se prémunir contre les représailles de ces communautés attaquées, édifia la première cité-Etat pourvu d’un temple et d’un palais royal pour asseoir son pouvoir (comme le relate le mythe sumérien du roi Enki, fondateur de la première ville, Eridu… ), édifia le premier État en édictant les lois auxquelles devaient se soumettre les habitants de cette cité, où, sous le prétexte de la sécurité et de la protection l’inégalité politique remplaça l’inégalité naturelle, comme disait Rousseau. L’Etat naquit contre les communautés humaines inspirées du message adamiques, qui vivaient en harmonie avec l’unité de l’ordre naturel ; il naquit pour écraser et détruire la communauté humaine, l’humanité commune révélée et enseignée par Adam, la communauté humaine qui déploie l’unité primordiale, véritable, en l’accomplissant sensiblement. L’Etat et son unité contrainte, factice, naquit à partir du chaos déclenché par Caïn dans ces communautés, instituant ainsi politiquement le paradigme du chaos précédant l’unité, et finalement du chaos primordial. L’Etat s’imposa alors comme le protecteur des hommes qui lutte contre le prétendu chaos primordial – un chaos provoqué en réalité par ce même Etat ! – sous une unité contrainte, factice, derrière le mensonge institutionnel et cérémoniel, en leur réclamant toujours plus de sacrifices et de sueurs sonnantes et trébuchantes jusqu’à la mort.

À Eridu, le roi Caïn institua le culte au dieu Apsû, le dieu du gouffre primordial ou règne le chaos, dont la parèdre était Nammu ; aujourd’hui l’Etat a institué le culte au gouffre des marchés financiers où règne également le chaos ! Nous sommes toujours dans l’Etat suméro-babylonien, 7000 ans après Eridu. Après la morte-née égalité politique athénienne antique, après une longue période impériale puis monarchique où l’Etat perpétua et abusa de l’inégalité politique malgré l’adoption de religion de filiation adamique qui instituait pourtant l’unité divine primordiale, le paradigme du chaos primordial s’imposa à nouveau, par la plus phénoménale arnaque politique : l’égalité politique par l’Etat de droit. Rousseau était bien naïf de croire que l’on pouvait établir légalement, devant la loi, l’égalité parmi les hommes. Car la légalité est éminemment contournable, détournable… La réalité est qu’on ne peut établir durablement d’égalité parmi les hommes, ni politique, ni en droit, ni légale, ni symbolique, ni rien… Même l’humanité commune parmi les hommes ne les rend pas égaux pour autant, cette humanité commune n’est en rien une « égalité naturelle », comme l’exprimait erronément Rousseau. Même si l’ours et le chat ont en commun une colonne vertébrale et une foule d’autres choses, ils ne sont en rien égaux pour autant. Cette chimère de l’égalité est une chimère bien pratique pour l’Etat pour masquer et préserver en son sein l’inégalité politique réelle qui fut complètement éventée par les abus monarchiques…, bien pratique pour duper le bétail humain légalement… le réguler légalement… l’éradiquer légalement au besoin…, le soumettre complètement à l’Etat de droit se disant protecteur, qui prétend protéger les hommes de l’inégalité naturelle et politique, de l’inégalité primordiale, de la conflictualité primordiale, du chaos primordial… l’Etat de droit vertigineusement inégalitaire a réussi démoniaquement à se faire passer pour le droit de l’Etat à ne pas accepter l’inégalité parmi les hommes, à faire passer celle-ci pour le mal absolu, le mal primordial… idéologie issue du paradigme du prétendu chaos primordial.

Contrairement à l’Etat de droit, la communauté adamique unie par la fraternité et l’amour, accepte parfaitement l’inégalité parmi les hommes : le fort aide le faible, le malin avise le naïf, l’habile enseigne au malhabile, le possédant épaule le désœuvré et le courageux soutient le craintif. Dans l’apothéotique arnaque de l’Etat de droit qui établit légalement l’égalité et la fraternité : le fort exploite légalement le faible, le malin escroque légalement le naïf, l’habile écrase légalement le malhabile, le possédant laisse crever légalement le désœuvré et le courageux soumet légalement le craintif… le fisc nous dépouillant fraternellement jusqu’à la moelle. La fraternité ne peut résulter d’aucune légalité, d’aucune loi politique, tout comme les sentiments, les affinités, l’honnêteté, la morale ne peuvent non plus en résulter. Le salut ne peut être que dans la communauté unie par une fraternité sans la médiation d’une loi politique, une communauté unie par cette loi morale en nous qui fascinait Kant, loi morale qui ne souffre aucune médiation en loi politique. Le seul et unique droit de l’homme est de mettre en œuvre cette communauté.

Un dernier mot sur la liberté. Dans une communauté adamique, la liberté est de pouvoir accomplir sensiblement l’humanité commune, en nous et autour de nous. Dans l’apocalyptique arnaque de l’Etat de droit, la liberté c’est la concurrence des libertés, la liberté d’écraser légalement un concurrent, de le ruiner, la liberté et le droit des perdants de la concurrence légale de devenir légalement les esclaves des gagnants ou de crever légalement. L’Etat naquit dans la bestialité et s’accomplit complètement dans l’Etat de droit, en révélant l’Etat profond-dément bestial dans cet accomplissement, dont le dévoilement annonce la chute. La Bête de l’Apocalypse…

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