Accueil Non classé La quête spirituelle de l’homme, par Lotfi Hadjiat

La quête spirituelle de l’homme, par Lotfi Hadjiat

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Est-ce Dieu qui a créé l’homme ou l’homme qui a créé Dieu, comme le pensait Voltaire… Ludwig Feuerbach considérait l’idée de Dieu comme une projection des désirs humains, de ses idéaux, une objectivation d’une subjectivité humaine tourmentée par l’angoisse de la mort, une objectivation qui, toujours selon Feuerbach, devient in fine une aliénation pour l’homme. Les croyants en Dieu seraient donc des aliénés. Évidemment, lorsqu’on voit et entend des fanatiques religieux on a tendance à donner raison à Feuerbach. Mais si nous renversions la perspective feuerbachienne, si l’homme était lui-même le résultat d’une projection de l’esprit de Dieu. Car l’homme considère en général qu’il est le seul au monde à pouvoir projeter des idées dans le monde sensible. Seulement, d’où lui viennent « ses » idées. Pour Karl Marx, les idées des hommes, leurs représentations, sont déterminées par les rapports de domination politiques et économiques auxquels ils sont soumis volens nolens. Élargissons ce point de vue de Marx. Envisageons que la conscience de l’homme, ses croyances, son esprit, son âme, ses sentiments soient déterminés par lesdits rapports de domination. Effectivement, quand le Pouvoirs des puissances financières occidentales décrète par le biais de ses agents gouvernementaux et de sa propagande dominante tous azimuts que l’Ukraine est digne de tous les sacrifices et que la Russie est haïssable alors le bétail occidental se sacrifie tout de go pour l’Ukraine en haïssant brutalement la Russie, et quand ce Pouvoir décrète que la France ruinée et endettée jusqu’à l’agonie doit accueillir grassement toute l’Afrique et tout l’Orient, alors le bétail français famélique acquiesce en refusant de contester un tant soit peu cet accueil massif illimité quand bien même il le subit dans le sang… accueil massif qui profite surtout à la mafia des passeurs et des puissances financières avides de destructions et dumpings sociaux sous toutes les latitudes. Mais élargissons encore plus le point de vue de Marx. Envisageons que les désirs et les idées de ce Pouvoirs financier soient déterminés par des forces spirituelles avides de domination à l’endroit des hommes, oui, des forces démoniaques. En effet, ces puissants financiers apparaissent de plus en plus comme les jouets de forces démoniaques qui les conduisent à leur perte ; le cas de Bernard Madoff qui escroquait son propre fils était déjà édifiant mais prenons le cas de ce jeune « milliardaire, Sam Bankman-Fried, considéré comme le plus influent du monde des cryptomonnaies, et accessoirement le deuxième financeur après Soros de la campagne électorale de Joe Biden ; eh bien ce Sam Bankman-Fried a perdu en une journée 94% de sa fortune, estimée encore à plus de 15 milliards d’euros ce mardi 8 novembre 2022 » (Ouest-France) ! Ce parasite répugnant qui se croyait très malin a donc perdu plus de 14 milliards d’euros en une journée ! Qui dit mieux ?… Gageons que les jours qui viennent ne lui laissent pas un seul centimes, et lui fassent rencontrer cette bonne vieille réalité sur le coin de la gueule. Le virtuel se fracasse toujours la gueule sur le réel, et le mensonge sur la vérité. À ce point de notre réflexion, une question fatidique s’impose à nous : le destin de ces forces démoniaques est-il lui-même déterminé par une puissance qui les dépasse ? Une puissance ultime qui finalement déterminerait tous les destins… une puissance immuable contre laquelle il serait donc vain de résister… une souveraineté suprême dont notre liberté ne serait qu’une étincelle… une étincelle dérisoire et périssable dans la nuit sidérale. Comme une goutte d’eau s’évapore sur un rocher. À moins que l’étincelle ne revienne à ce qui la fit naître, ou que la goutte ne revienne à l’océan et s’y dissolve. La voilà la seule et véritable connaissance : connaître ce qui a fait naître notre esprit. Car notre esprit n’est pas né de la chair. La propagande scientifique s’acharne à nous faire admettre que notre esprit est né de la chair, et que si on veut préserver la vie de notre esprit il faut donc préserver la vie de notre chair, en se faisant vacciner par exemple… un esprit sain dans un corps sain vacciné… et un esprit malsain dans un corps non-vacciné… Tout bien considéré, c’est effectivement en revenant à ce qui la fit naître que notre étincelle de liberté ne périt pas, et qu’elle ne se laisse pas déterminée par les rapports de domination s’appliquant à la chair. La chair naît de la chair et l’esprit naît de l’esprit. L’esprit et la chair ne sont pas de même nature, Platon l’avait bien compris. Croire que l’esprit naît de la chair nous condamne à errer jusqu’à l’égarement dans l’ivresse des sens. Pour y voir enfin clair et rester libre, notre esprit doit tout simplement revenir à sa nature propre, à la substance spirituelle qui le fit naître. « Dans une union fidèle, les esprits s’en vont vers le soleil des esprits, comme les fleuves vers l’Océan », écrivait Schiller. Ce soleil des esprits ne veut aucun mal à notre esprit, au contraire, il ne lui veut que du bien, le fameux Souverain bien de Platon… notre esprit est donc en exil ici-bas, un exil douloureux soulagé par l’ivresse des sens et la volupté de l’orgueil. Et il est plus facile de s’abandonner à cette ivresse et à cette volupté que de chercher intérieurement ce qui nous meut et s’en laisser mouvoir, tel est le drame de la condition humaine. Cependant, chercher la substance spirituelle ici-bas c’est comme chercher de l’eau en plein désert. Cette substance n’est pas non plus visible sous un microscope, même électronique. On peut en avoir l’intuition en lisant Platon ou Plotin, ou Spinoza avec sa fameuse notion de nature naturante, mais on ne peut la trouver vraiment qu’avec le cœur, qui a tant de mal à se dévoiler dans ce monde implacable des rapports de force et de domination. Pourtant ces rapports de force dans leur fureur même extrême n’ont aucune prise sur cette silencieuse substance spirituelle et ne peuvent l’altérer en rien. Ces rapports de force n’ont de prise que sur la chair, dans laquelle notre esprit est enlisé. Au fond, la chair n’est qu’une profusion de simulacres qui simule la substance spirituelle, tout comme l’ivresse charnelle procurée par cette profusion n’est qu’un simulacre de la béatitude propre à la substance spirituelle, dont nous avons en quelque sorte était déchu, exilé, déchéance refoulée, exil oublié dont nous nous consolons par ce pitoyable simulacre de béatitude qu’est l’ivresse charnelle. Ivresse qui dans notre exil nous éloigne toujours plus et toujours plus douloureusement de la substance native, un éloignement si grand qu’il nous paraît infini, et nous nous sentons finalement seul et perdu dans cet espace infini perçu, dans ce vide infini perçu. Inversement, lorsque nous revenons à l’insaisissable substance spirituelle c’est la profusion charnelle ivre de sa pitoyable confusion qui nous paraît lointaine, de plus en plus lointaine et dérisoire, et la souveraine substance spirituelle autour de laquelle tout s’harmonise et s’ordonne qui nous paraît donc de plus en plus proche. Notre vie prend alors un sens nouveau : célébrer cet ordre jusqu’à incarner son triomphe dans notre chair et dans le moindre de nos actes, à la vue des autres, à leur compréhension éventuelle… La substance spirituelle n’est ni hors du monde ni dans le monde, elle est avant le monde, ou plus exactement, elle est le centre du monde, et ce que nous prenions naïvement pour le centre – l’homme – n’en est que l’écume. L’homme n’est pas son propre centre, comme le prétend l’humanisme depuis des siècles. L’homme est en exil de son propre centre mais ne veut pas se l’avouer, par orgueil. La quête spirituelle de l’homme est essentiellement morale, chaque pas sur ce chemin est le nom d’une vertu. Cette quête n’a pas de règles, « l’impuissance a pour elle les règles, mais la force a le succès », disait Schiller – la force d’âme. Arrivé au bout du chemin, les vertus du cœur et les vertus de l’esprit se confondent dans la substance spirituelle que nous reconnaissons enfin. « Allons dans notre marche heureuse jusqu’à ce que l’espace et le temps se perdent dans l’océan de l’éternelle splendeur », écrivait encore Schiller.

 

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