« Meyer Habib à beau être juif, c’est un être humain », a dit récemment l’avocat de celui-ci pour le défendre dans une plainte pour propos antisémite… ! Nous vivons une époque étonnante, quoique prépusculaire, mais si drôle. On pourrait ajouter, Julien Dray a beau être vulgaire, il est juif. Ou encore, Netanyahu a beau être génocidaire, il est premier ministre d’Israël. On pourrait continuer comme cela sur des pages entières. Macron a beau démolir la France, la trahir et la détruire jusqu’à la dernière fibre, il est le président de la république française. Certains médecins ont beau blesser voire provoquer la mort de leurs patients, ils sont médecins. Les banquiers ont beau volé leurs clients, les ruiner intégralement, ils sont dans la légalité. L’État a beau dépouiller le peuple, l’Etat c’est le peuple. Les laboratoires pharmaceutiques ont beau tuer en masse, ils sont toujours des agents de santé publique. Certains policiers ont beau abuser scandaleusement de leur autorité, ils sont au service des citoyens. Les grands médias ont beau nous gaver de propagande en permanence, ils diffusent de l’information. Les racailles ont beau haïr la France jusqu’au sang, ils sont français. Enrico Macias a eu beau appelé publiquement à l’assassinat de députés français, il est toujours en liberté. Léa Salamé a beau être incroyablement nulle, elle est toujours une vedette de l’information et du divertissement. Une déjection de rhinocéros a beau être servie dans une assiette sur une nappe blanche, la fête continue. Mallarmé a beau avoir écrit « calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », Hanouna est plébiscité. Philippe Val a beau être stérile intellectuellement, pas drôle sur scène et servile politiquement, il est toujours invité comme on inviterait Spinoza quatre fromages. Le système a beau n’en plus finir de s’effondrer, il nous écrase plus que jamais. Charlie-Hebdo a beau avoir subi un attentat, il ne se vend toujours pas. Le fanatisme religieux a beau tuer, il est toujours religieux. Le chef de l’Exécutif a beau se déplacer à l’étranger, il est toujours humilié partout. La France a eu beau briller pendant plusieurs siècles au firmament de la civilisation, elle est au bord du gouffre. Les Juifs ont beau être haïs depuis des millénaires, ils continuent de clamer leur innocence éternelle. Les concepts théologiques, moraux et judiciaires du judaïsme ont beau avoir été tous empruntés aux Égyptiens et aux Suméro-Babyloniens, c’est l’antisémitisme qui fait le Juif. Les réseaux sociaux ont beau déversé des torrents de merde quotidiennement à chaque minute, à chaque seconde, l’Apocalypse n’arrive pas. Les vendeurs de la FNAC ont beau être exécrables, ils sont toujours vivants. Les parasites ont beau être adoubés par la gangrène, ils ne sont pas brûlés vifs. Les génocideurs ont beau génocidé, ils sont toujours les seuls invités à parler des génocidés. Les riches ont beau être toujours plus riches, les pauvres sont toujours plus pauvres. Les bourgeois ont beau détruire la beauté et imposer la laideur partout, ils se marient toujours entre eux. J’ai beau vouloir être roi des Français, je préfère les Allemands. On a beau attendre la justice, elle frappe toujours quand on s’y attend le moins. Les humiliés ont beau vouloir exterminer les humiliants, l’Etat dépouille toujours plus les humiliés. Les loges maçonniques ont beau être discrètes, elle ne sont toujours pas populaires. Les ennemis de l’humanité auront beau nuire à l’humanité et au vivant, les supporteurs supporteront toujours leur équipe de foot. J’aurai beau prêcher dans le désert de la modernité, le sable des simulacres étouffera mes pas. J’aurai beau vouloir soumettre les ombres, le chaos et les ténèbres par mon verbe, je mangerai des madeleines au petit-déjeuner. J’ai beau avoir des envies de meurtre, je prends mon thé sans sucre. J’ai beau vouloir anéantir les arrogants et les agressifs, je préparerai quand même un plan. On a beau croire que l’on sait beaucoup de choses, on ne sait rien. Georges Soros a beau vouloir être reconnu comme un intellectuel, il est toujours multimilliardaire. La science a beau construire les murs, seul l’homme qui y vit peut dire si c’est une maison ou une prison. Les robots ont beau être parfaits, ils ne sont pas civilisés. Une intelligence a beau être artificielle, elle ne pense pas et vit encore moins. On aura beau le contester, il n’y a pas pensée sans vie, mais il peut y avoir vie sans pensée. On aura beau dire, siroter un cocktail tropical sur la plage d’Ipanema où des filles dansent la bossa-nova alors que le soleil au loin se couche lascivement sur l’océan aux eaux turquoises c’est mieux qu’un entretien avec un agent de l’URSSAF. Les Français ont beau critiquer les Français, la France tombe en ruine. La Chine a beau avoir une avance technologique, économique et industrielle menaçante, voire écrasante, la France lui prête toujours plusieurs centaines de millions d’euros d’aide au développement… Le cinéma français a beau produire de la merde à plein régime, les salles sont toujours vides. Les Blancs ont beau jouer jazz, ils restent blancs. J’ai beau écouter Errol Garner, je ne joue pas comme lui. On a beau rêver, on se réveille. On a beau ne pas rêver, on rêve encore. On aura beau vouloir organiser un match de boxe entre Mike Tyson et Éric Zemmour, ce dernier refusera toujours ; pourtant quel beau match ce serait… Les nazis eurent beau exterminer les handicapés allemands adultes et enfants, ils furent vaincus et condamnés. On a beau diaboliser le nazisme, on fait pire. On a beau vouloir ressusciter le nazisme en purgeant ses excès, on retombe dans ses excès. On aura beau vouloir changer le monde, le soleil se lèvera à l’Est. On aura beau vouloir vivre, on mourra. On a beau vouloir se suicider, on a tord. J’ai beau vouloir finir cet article, j’écris encore. On aura beau vouloir déchaîner tous les démons des Enfers, la langue italienne sera la plus belle du monde. La haine aura beau envahir l’univers, le silence déraisonnable du monde se poursuivra. On a beau arracher les mauvaises herbes, il faut les brûler. L’humanité aura beau attendre l’ascenseur, elle prendra les escaliers. L’humanité a beau errer dans les demeures de l’aliénation et de l’oubli, j’écoute Handfull of keys de Fats Waller. Ravel a beau avoir composé Pavane pour une infante défunte, Jacques Essabag vend des livres. Les robots ont beau être sophistiqués, ce ne sont pas nos amis. Le musée du Louvre a beau être visité, il y a toujours autant de gauchistes. La matrice scientifique a beau se refermer sur l’humanité déglinguée, je crois au vivant Éternel. La nuit a beau être noire, le jour se lève. Mon encrier a beau être vide, j’arrête.
