La guerre des êtres humains contre les zombies augmentés a commencé. La guerre totale des encore-humains contre les déjà-plus-humains. Pas de négociation, pas de compromis, combat à mort ! Combat à vie !
Il n’y a de bonheur qu’éternel.
J’ai fait une découverte terrifiante : les mots ne nous libèrent plus. Et une grande guerre des mots ne nous libérera sans doute pas ?…
La falsification des mots est telle que le Verbe les a quittés. Et l’humanité ne tient que par le Verbe…
L’humanité c’est l’apparition de la souveraineté dans la servitude naturelle.
La souveraineté humaine chuta en mangeant le fruit défendu de la servitude naturelle, et il en résulta la servitude rationnelle.
La liberté est un vestige de la souveraineté perdue.
Cette matrice scientifique qui se referme inexorablement sur l’humanité est fondée sur la servitude rationnelle.
La pensée adamique était souveraine et elle chuta dans la servitude rationnelle.
La pensée souveraine est celle qui s’accomplit sensiblement, sans recours à la technè. Les miracles du Christ…
L’homme accompli reconnaît la souveraineté de l’esprit sur la servitude matérielle. Et sur tout. Sur le gouffre, la matière… Mais y a-t-il une différence entre matière et gouffre…
La vie divine c’est contempler le gouffre sans y tomber.
Pour les scientifiques aujourd’hui, la matière précède l’esprit, enchaînant donc celui-ci à celle-là, servitude rationnelle… Chez Plotin, la matière est le terme de la procession des hypostases. Chez Hegel, la matière est l’aliénation ultime de l’esprit. Pour Guido von List, la matière est une configuration de l’esprit. Et pour moi, la matière est une résistance à l’esprit – l’esprit souverain -, résistance se multipliant et se démultipliant à l’infini… Du coup, tout changement souverain d’esprit entraîne une transformation matérielle.
Le par-don est don, l’amour est don, l’humilité est don, la patience est don… la magnanimité est don, le courage est don, l’honnêteté est don… toute la sagesse est don, et la sagesse elle-même est don divin… L’amour souffre de ne pas se donner, disait le Christ, oui, et il ne se donne pas parce que l’esprit ne se donne pas. L’esprit fossilisé.
La pensée s’est fossilisée par le processus rationnel, la mécanique rationnelle, jusqu’à produire le fossil final : l’intelligence artificielle… la logique sans pensée, la structure sans vie…
La rationalité exclusive est devenue un fossile opérationnel qui a tué l’humanité, en tuant ce qui est le plus propre à l’homme : la pensée. Le bon Heidegger nous avait averti, « les sciences ne pensent pas, elles calculent ». Et elles calculent finalement la mort de l’humanité.
Aboutissement fatal de la rationalité exclusive, la clôture cognitive s’est substituée à la compréhension dans le long processus scientifique, jusqu’à la clôture finale : l’intelligence artificielle…, que l’on prendra pour modèle, jusqu’a imiter celle-ci… Ibriss Sarbacane… elle deviendra si sophistiquée et si subtile qu’il ne sera plus possible de la contredire… on fera de l’intelligence artificielle la nouvelle idole, elle régira nos vies dans les moindres détails, on la déifiera… on ne dira plus « artificielle » mais « divine »… on célébrera le nouveau dieu qui nous dispense de penser, et qui bientôt nous interdira de penser… cela sera vécu comme une libération… Ceux qui persisteront à penser seront condamnés à mort… pour terrorisme métaphysique… « penser jusqu’à la mort », seront les dernières paroles du dernier être humain avant d’être piqué par un robot. Voilà pourquoi le fruit défendu était défendu, le fruit de la rationalité exclusive… le fruit séduisant du salut pas la rationalité exclusive… la gnose du Serpent…
Penser est une extase, une joie profonde, que ne connaîtra jamais l’intelligence artificielle.
La promesse du Serpent, comme la science exclusive promettent l’immortalité, promettent de transformer la vie périssable en vie immortelle, en postulant donc que la vie est périssable, et que espérer en une vie éternelle relève donc de la superstition, de l’ignorance… mais c’est précisément la périssabilité de la vie qui n’est qu’une illusion, qu’une ignorance. L’innocence adamique n’était justement pas dans cette ignorance et vivait la vie éternelle, l’Arbre de vie… Il fallait donc que le Serpent parvienne à convaincre par la plus diabolique persuasion que la vie adamique n’était pas éternelle mais périssable, et que seule la science exclusive, par son pouvoir sur la vie, peut transformer cette vie périssable en vie immortelle… et la vie adamique tomba dans ce piège diabolique et devint mortelle. De la même façon, la science exclusive, aujourd’hui nous dit que c’est ignorance de croire en la vie éternelle, et que la science exclusive nous éclaire en cela qu’elle nous fait savoir que la vie est périssable et qu’elle seule – par le pouvoir qu’elle a sur la vie – peut transformer cette vie périssable en vie immortelle. Ce pouvoir sur la vie n’a le pouvoir que de détruire la vie.
La Bête de l’Apocalypse sera un robot.
